dimanche 2 novembre 2008

l'angoisse et le chaton

la plupart du temps je la vois au loin, précédée par la migraine, puis il commence à faire très chaud, je transpire, impression que je deviens rouge... genre glamour à mort... après, ça dépend: l'angoisse est joueuse, elle peut choisir entre les nausées et les troubles de la vision, et comme l'angoisse est plutôt fiable, elle oublie rarement les vertiges... elle vient me voir n'importe quand, et quasiment n'importe où - jamais chez moi, elle est fine et sent lorsqu'elle dépasse les limites... et puis je crois que kébab ne l'apprécie pas pas...
c'est sur, elle préfère les foules, les centres commerciaux, les transports en commun, et bien souvent, au taf...
elle a pas besoin de prétexte, elle a toujours une bonne raison de venir me voir, même si souvent elle est la seule à la connaître...
lorsqu'elle est là, si je le peux, je vais m'isoler, pour être seule avec elle; mais parfois, je ne peux pas, je suis obligée de continuer à faire ce que je fais (ou du moins essayer) jusqu'à ce que ça la fatigue et qu'elle s'en aille, même si elle est obstinée, lente à convaincre et qu'elle insiste
j'ignore comment lui dire non,
et l'angoisse, c'est comme la dépression,
c'est l'une de mes meilleures copines
chacune de ses visites m'épuise, et me pousse à rentrer
me perdre, me noyer, m'égarer dans un labyrinthe que j'ai moi-même dessiné
j'aime être seule chez moi, avec mon ordi et mon chat
personne ne m'agresse, personne n'existe,
je me sens enfin moi,
je suis enfin tranquille,
je m'oublie pendant que l'on me berce de contes, que l'on me raconte des fééries emplies de monstres, de magie et de fumées, toujours plus de fumée...
le seul lien à la réalité, qui me sort de cette bulle douillette et confortable, c'est kébab:
cette petite bestiole chaude qui se colle contre moi et ronronne

je sais que pour la plupart des gens, tant d'affection pour un chaton, fût-ce le plus subtil et le plus rusé, ça paraît déconcertant, voire indécent
je sais que j'ai beaucoup plus besoin d'elle qu'elle de moi,
je sais que son amour pour moi dépend pas mal des croquettes que je lui donne
mais je sais aussi que lorsque je suis malade, elle guette aux taquets au coin du lit (des fois qu'un ennemi surgirait),
que lorsque je veux rentrer dans mon bain elle essaie de me protéger (des fois que je me mouillerais),
que si je me sens pas bien elle vient aussitôt se frotter contre moi, et me lécher la main
qu'elle me connaît comme personne
et qu'elle m'aime toujours